Webinaire Strix avec Clem Srour | La politique RIT du Canada & l’innovation

Accélérer l’innovation en défense grâce aux RIT.

La Politique des retombées industrielles et technologiques (RIT) du gouvernement du Canada est l’un de ses outils les plus durables et les plus stratégiquement orientés pour soutenir l’économie canadienne. Elle exige que les entreprises gagnantes de contrats dans les domaines de la défense et de la Garde côtière – appelées entrepreneurs principaux – réinvestissent au Canada la valeur des contrats qui leur sont attribués. 

À mesure que le paysage canadien de la défense et de l’innovation évolue, le cadre des RIT devient une voie de plus en plus attrayante pour les organisations en quête de croissance. 

La plupart des organisations ne sont pas directement impliquées dans les RIT. Toutefois, elles peuvent tout de même en tirer des bénéfices indirects grâce à un alignement stratégique. Des programmes comme l’Initiative de technologie aéronautique durable (INTAD) de Strix offrent des occasions de participer à des projets qui contribuent à satisfaire les obligations des entrepreneurs principaux. 

Afin d’examiner comment les entreprises peuvent se positionner dans le secteur de la défense à l’heure actuelle, Strix a organisé un webinaire le 20 janvier 2026. Dédié au soutien de l’innovation au sein de sa communauté, cet organisme à but non lucratif facilite la collaboration et appuie le développement de projets. 

Animée par Walter Chan, Vice-Président, Stratégies et affaires chez Strix, la séance mettait en vedette Clem Srour, Directeur Général de Tridus Strategies (EN). Les conseils fondés sur l’expérience offraient une perspective concrète de la politique, en s’appuyant sur des connaissances issues des deux côtés de l’équation des RIT. Parmi ses réalisations, alors qu’il travaillait à Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE), Clem a dirigé des dossiers complexes de retombées liés à l’approvisionnement en défense, notamment le projet de capacité future de chasseurs. Son expertise s’est révélée précieuse et complétait parfaitement la décennie d’expérience de Walter dans les contrats de RIT, tant du côté des entrepreneurs que des bénéficiaires. 

Remarque: Le webinaire est seulement disponible en Anglais. 

Ce qu’il faut prendre en considération avant d’explorer le cadre des RIT

Au cours du webinaire, Clem a abordé une idée reçue fréquente : le cadre des RIT n’est pas un « gros pot d’argent » librement accessible. En réalité, les entrepreneurs principaux gèrent leurs obligations avec beaucoup de rigueur afin d’assurer une conformité adéquate. Pour les organisations qui s’y engagent de façon indirecte, la réussite dépend moins du volume d’obligations disponibles que de l’adéquation de leurs capacités avec les besoins des entrepreneurs principaux. Le cadre des RIT ne peut pas servir de point d’entrée facile ou autonome dans le secteur de la défense. 

Quelles organisations sont les mieux positionnées pour tirer parti des RIT

Les experts ont réaffirmé que les RIT ne se limitent pas aux entreprises traditionnelles de défense. Les organisations situées à l’extérieur du secteur de la défense – en particulier celles qui développent des technologies à double usage – peuvent utiliser diverses initiatives pour trouver une voie d’accès à l’écosystème. Toutefois, il est essentiel de prioriser une collaboration précoce avec les fournisseurs de premier rang (Tier 1) ou les fabricants d’équipement d’origine (FEO/OEM). Selon Walter, lorsque l’innovation se fait conjointement, il devient naturel d’intégrer ces partenaires dans des projets à long terme. 

Comment établir des liens dans le cadre des RIT

Les organisations ont été encouragées à identifier les réseaux des entrepreneurs principaux et à solliciter des rencontres avec des parties d’intérêt lors d’événements industriels. Cette approche permet d’éviter des délais inattendus dus au grand volume de demandes, tout en favorisant, grâce aux rencontres en personne, l’établissement de relations plus solides. 

Quand s’engager auprès des parties prenantes pertinentes

Les organisations qui se préparent encore à devenir « prêtes pour les RIT » n’ont pas à s’inquiéter d’une date limite fixe à laquelle les occasions disparaissent. Comme l’a expliqué Clem, l’engagement ne prend pas fin une fois qu’un contrat est attribué. De nombreuses obligations liées à des acquisitions majeures sont toujours honorées sur de longues périodes, et des capitaux importants demeurent disponibles tout au long de ces échéanciers. 

Transactions attrayantes à envisager pour débuter 

Parmi les différents types de transactions, les transactions fondées sur des consortiums ont été mises en avant pour leur potentiel de générer des multiplicateurs de crédits importants. Ces transactions peuvent atteindre au moins cinq fois la valeur de la transaction initiale. Les transactions en capital de risque ont également été abordées, mais Clem en a souligné les limites. En raison de la nature collaborative du cadre, les investissements passifs sont souvent moins attrayants pour les entrepreneurs principaux que les projets permettant un engagement direct, un partage des risques et une intégration industrielle à long terme. 

En définitive, les transactions les plus pertinentes pour une organisation dépendront de la nature de ses activités. Il n’existe pas d’approche universelle, et chaque organisation doit évaluer ses options en fonction de leur compatibilité. 

À retenir avant tout : se préparer tôt et concourir de manière intentionnelle

À la lumière des principaux messages du webinaire, il est clair que, dans le cadre des RIT, la préparation, la patience et l’orientation stratégique ne sont pas optionnelles – elles sont fondamentales. Les organisations qui investissent tôt afin de comprendre leur rôle, de développer des capacités crédibles et de s’aligner sur les besoins des entrepreneurs principaux sont les mieux positionnées pour participer à mesure que les occasions se concrétisent dans le temps.